Poésie

 antiquité


Dans l’Antiquité gréco-latine, le poète est inspiré par la mythologie et les Muses. La définition de la poésie est alors très large..


En Grèce (VIIIe-Ve s. av. J.-C.)
Pour Aristote, elle comprend trois genres :- épique (notre roman) : Homère  - lyrique (poésie au sens actuel) : Sappho, Pindare - dramatique (notre théâtre)

A Rome (Ier s. av. – IIe s. ap. J.-C.)
Elle hérite de ces catégories : - épique : Virgile (Didon et Enée, Enéide, chant IV, De l'Enéide aux images)- lyrique ou élégiaque : Horace, Tibulle, Properce, Ovide (La mort d'Adonis, Pirame et Thisbé, Les métamorphoses) Outre le théâtre, on peut y ajouter la poésie philosophique (Lucrèce) et satirique (Juvénal).

 moyen age


XIIe s.
Parallèlement à la poésie philosophique, épique (chanson de geste), dramatique et religieuse, apparaît la première poésie lyrique d’expression française. Troubadours et trouvères chantent l’amour parfait (fin’amor) dans les chansons courtoises, inspirées de la légende arthurienne (Lancelot, Arthur, Tristan).
XIIIe - XVe s.
Une poésie lyrique personnelle se développe (Rutebeuf, et surtout François Villon).XIVe et XVe s. sont parcourus également par le courant plus formaliste des « Grands Rhétoriqueurs » : explorant les possibilités de la langue française, ils anticipent l’esprit de la Renaissance.

   Temps modernes


Renaissance (XVIe s.)
Le milieu du 16e siècle est une période de profond renouveau pour la poésie française.
Principaux représentants :
- École de Lyon (Maurice Scève, Louise Labé), nourrie d’influence italienne- La Pléiade (1553), groupe de sept jeunes poètes nourris de culture grecque et latine, autour de Pierre Ronsard  et Joachim du Bellay. Ils appliquent les principes édictés dans la Défense et illustration de la langue française (1549) : enrichissement de la langue et recherche de formes nouvelles, inspirées de l’Antiquité.
Baroque et classicisme (fin XVIe s. - XVIIe s.)
Européen, le baroque se caractérise par une langue foisonnante et colorée :
Le Tasse en Italie,
Gongora en Espagne,
Agrippa d'Aubigné, Théophile de Viau, Saint-Amant en France.
Il est rapidement concurrencé par les tenants d’une langue plus pure, représentés par François de Malherbe : prônant une langue claire, dénuée d’extravagances, il annonce la doctrine classique de Nicolas Boileau. Les Fables de La Fontaine sont un exemple de cette poésie classique, équilibrée.

Lumières (XVIIIe s.)
La poésie des Lumières est une poésie d’idées, proche de la philosophie. Principale figure du siècle en France, André Chénier, continuateur des classiques, n’est véritablement découvert qu’au 19e s. par les romantiques.
 xixe s.





 

Romantisme (1820-1850)
Après l’Allemagne et l’Angleterre, le romantisme prend son essor en France autour de 1820. Une génération entière de poètes, marquée par la Révolution, les bouleversements politiques et sociaux, élabore une poésie nouvelle : sacrée, elle a pour mission le déchiffrement du monde et de l’histoire des hommes. Sentiments, exotisme, nature, spiritualité, histoire, mélancolie sont les sources auxquelles puise le poète romantique, devenu prophète.

Principaux représentants :

Alphonse de Lamartine

Alfred de VignyVictor Hugo   Alfred de Musset

Gérard de Nerval.
Parnasse (1866-1876)
Réaction au précédent, ce courant défend l’art pour l’art, dégagé de toute vertu ou utilité. Le but est la pure beauté formelle du poème.
Principaux représentants :

Théophile Gautier et Théodore de Banville (précurseurs) ;

C.-M. Leconte de Lisle

José-Maria de Heredia

Sully Prudhomme

Charles Baudelaire (1821-1867)
A la fois héritier – il se revendique des romantiques et des Parnassiens – et précurseur, Baudelaire invente une esthétique nouvelle, matrice de toute la poésie moderne. Refus de toute préoccupation morale, goût pour les motifs contemporains, primauté de l’analogie et des sensations pour déchiffrer le monde (théorie des correspondances) préfigurent les théories symbolistes.
Symbolisme (1870-1890)
S’opposant au Parnasse comme au naturalisme, il entend renouer avec la valeur suggestive et interprétative de la poésie. Elevant le langage jusqu’à son essence musicale, il cherche un nouveau moyen d’expression, qui dépasse la simple représentation réaliste. Objets, sentiments, idées sont évoqués au moyen d’images et d’analogies, qui suggèrent plus qu’elles ne décrivent, allant parfois jusqu’à l’hermétisme.
Principaux représentants :

Stéphane Mallarmé

Paul Verlaine

Arthur Rimbaud

  xxe - xxie s.





 

Influence de la linguistique, de la psychanalyse, puis de l’informatique, abolition des frontières entre les arts sont les principaux facteurs de mutation de la poésie du 20e siècle.

L’ « Esprit nouveau » (1910-1918)
Après un début de siècle hétéroclite, dominé en France par les « poètes de Dieu » Charles Péguy et Paul Claudel, un art nouveau se développe. Guillaume Apollinaire, Blaise Cendrars (Grande Guerre) inventent une poésie nouvelle : rapprochement de la littérature et des arts plastiques, thèmes neufs puisés dans la civilisation moderne, exploration de formes nouvelles d’écriture (calligrammes) et de cultures (exotisme, art nègre), recherche constante de l’effet de surprise jettent les prémices de l’art surréaliste.
D’une guerre à l’autre : avant-gardes européennes…
La guerre et l’échec des valeurs de l’ancien monde, les crises politiques raniment le lien entre poésie et action. Dans toute l’Europe, des avant-gardes entreprennent d’exprimer par l’art la recherche d’un nouveau rapport au monde. A Zurich, poètes, peintres, sculpteurs dadaïstes (1916-1919) se réunissent autour de Tristan Tzara, pour inventer un langage poétique total et contestataire, un art complet qui soit aussi un mode de vie. A leur suite, les surréalistes (1919-1939), en Espagne (génération de 27), en Belgique, en Europe centrale, en France derrière André Breton, poursuivent en la théorisant cette entreprise de rénovation de la poésie. Fascinés par l’insolite (beauté du quotidien, du monde urbain, mythologie, arts primitifs), ils recherchent, en explorant l’ensemble des arts (ex: Max Ernst et Magritte), une beauté née de l’étonnement et de la surprise. Les mots sont « libérés » dans l’écriture automatique : détournés de leur usage utilitaire, associés de manière inattendue, ils révèlent le merveilleux moderne.
et voix personnelles …
En France, la veine « classique » ne disparaît pas pour autant : au même moment triomphe Paul Valéry, héritier du formalisme mallarméen. Parmi les compagnons de route du surréalisme, certains s’en détachent pour suivre une voie propre : Paul Eluard, Louis Aragon ("Que serais-je sans toi ?") renouent avec le lyrisme, puis se font militants pendant la Seconde Guerre mondiale ; René Char développe une esthétique du fragment, une « parole en archipel », ardue.

D’autres restent délibérément en marge :
Jules Supervielle
Pierre-Jean Jouve
Saint-John Perse.

Après-guerre : expériences (1945-1970) …
Le paysage poétique est morcelé. Les grands mouvements ont vécu.Certains prônent le retour aux choses simples : Jacques Prévert et sa poésie du quotidien, jouant des formules et des mots, ou Francis Ponge et ses poèmes-objets.D’autres, tels les Oulipiens derrière Raymond Queneau, cherchent dans les contraintes volontaires, les jeux de combinaisons une stimulation de la créativité poétique.  
… et extensions
La poésie marque le pas. De plus en plus confidentielle, elle existe difficilement face aux formes plus populaires, comme le roman. Elle conserve néanmoins son prestige : plusieurs poètes se voient décerner le Prix Nobel de littérature.La chanson apparaît comme un de ses refuges, de Brassens au rap, en passant par Gainsbourg (exposition Gainsbourg 2008) ou Nougaro.Les territoires et populations en quête d’identité se tournent également vers elle pour exprimer l’attachement à leurs racines, et particulièrement les pays anciennement colonisés (ex : Henri Hiro et Léopold Sedar Senghor).
Poésie numérique (1985-…)
Préfiguré par les expériences des linguistes (OuLIPo), le langage informatique imprime à la poésie sa plus récente évolution. Née en 1958 en France, la poésie numérique revêt deux formes : générative, elle est fondée sur le combinatoire (Jean-Pierre Balpe) ; animée, elle est visuelle, sonore, interactive (groupe L.A.I.R.E.). 



 
 
 
Bérénice Stoll,
Archiviste-paléographe
Conservateur de bibliothèque
 

 

 

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